Et s’il n’entendait plus vos “je t’aime” ? Audition et grand âge, un défi majeur pour notre société
Le jeudi 12 mars 2026 se tiendra la 29e Journée Nationale de l’Audition.
Le thème choisi cette année est particulièrement fort : “Audition et grand âge – Mobilisons-nous”.
Derrière ces mots se cache une réalité encore trop silencieuse : la perte auditive des personnes âgées n’est pas un simple désagrément. Elle constitue un enjeu majeur de santé publique, de qualité de vie et de dignité.
Car mal entendre ne signifie pas seulement percevoir moins bien les sons.
Cela signifie parfois perdre progressivement sa place dans l’échange.
Audition et grand âge : un enjeu de santé publique
Avec le vieillissement démographique, la question de l’audition des seniors devient centrale.
La presbyacousie, perte auditive liée au vieillissement naturel, touche :
- environ 30 % des 60–65 ans
- près de 50 % des plus de 75 ans
En établissement pour personnes âgées, de nombreuses études montrent qu’une part importante des résidents qui devraient être appareillés ne le sont pas, ou ne portent pas correctement leurs aides auditives.
Or la perte auditive non compensée n’est pas neutre.
Elle est associée à :
- un risque accru d’isolement social
- des symptômes dépressifs
- une augmentation du risque de chute
- une surcharge cognitive liée à l’effort d’écoute
- un possible accélérateur de déclin cognitif
L’audition est un déterminant de santé globale.
Au bout de la chaîne du son, il y a toujours le cerveau.
Lorsque l’oreille transmet moins d’informations, le cerveau doit compenser. Cette compensation permanente épuise les ressources mentales et réduit la disponibilité aux interactions sociales.

Une perte invisible souvent banalisée
La perte auditive liée à l’âge s’installe progressivement.
Elle ne fait pas mal.
Elle ne provoque pas d’urgence vitale.
Elle est donc fréquemment banalisée.
Combien de fois entend-on :
“C’est normal à votre âge.”
Or ce qui est fréquent n’est pas forcément anodin.
Dans certains établissements, un regard absent est parfois attribué uniquement au vieillissement cérébral. Pourtant, une aide auditive mal réglée, non portée ou simplement encrassée peut suffire à couper le lien avec l’environnement.
Il suffit parfois d’un détail technique pour isoler une personne.
Quand on entend moins bien :
- on évite les discussions en groupe
- on répond moins spontanément
- on craint de mal comprendre
- on se retire progressivement
La perte auditive devient alors un facteur silencieux d’effacement social.
Audition, cerveau et lien social : préserver la dignité
La 29e Journée Nationale de l’Audition insiste sur une dimension essentielle : la dignité.
Le droit à la continuité des soins ne se limite pas aux actes médicaux.
Il inclut la continuité relationnelle.
La stimulation cognitive la plus puissante n’est pas un exercice abstrait.
Elle réside dans la qualité des interactions sociales.
Un échange.
Un rire partagé.
Un “je t’aime” murmuré.
Lorsque l’audition décline, ces moments deviennent plus difficiles.
Et pourtant, même en présence d’un déclin cognitif déjà installé, agir sur la santé auditive reste pertinent. Restaurer une meilleure perception sonore permet de maintenir des possibilités d’échange.
C’est une question d’humanité.
Le Plan National “Audition & Grand Âge” 2026–2028
À l’occasion de cette 29e édition, un Plan National “Audition & Grand Âge” a été annoncé pour la période 2026–2028.
Ce plan vise principalement à améliorer l’accompagnement des personnes âgées malentendantes dans les établissements médico-sociaux, en transmettant des pratiques standardisées aux équipes soignantes et en renforçant la coordination autour du suivi auditif.
Il concerne en priorité les acteurs du champ médical et paramédical directement impliqués dans l’appareillage et la prise en charge technique.
Son existence marque néanmoins une évolution importante : la reconnaissance officielle que l’audition des aînés constitue un enjeu collectif majeur.
Vieillir en entendant : un enjeu qui commence bien avant le grand âge
La presbyacousie ne survient pas brutalement à 80 ans.
L’histoire auditive d’une personne se construit tout au long de la vie :
- expositions sonores répétées
- traumatismes acoustiques
- environnements professionnels bruyants
- pratiques d’écoute à fort volume
Préserver l’audition au grand âge implique donc une prévention active dès l’âge adulte.
La Journée Nationale de l’Audition rappelle cette responsabilité collective : informer, sensibiliser, agir en amont.
L’accompagnement spécialisé des troubles de l’audition : une réponse complémentaire
La perte auditive ne se résume pas à une déficience sensorielle.
Elle impacte :
- l’estime de soi
- la confiance dans les interactions
- la qualité de présence
- la gestion du stress
- l’équilibre émotionnel
De nombreuses personnes âgées malentendantes développent une tension constante dans les situations sociales : peur de mal comprendre, crainte de répondre à côté, fatigue liée à l’effort d’écoute.
Cette hypervigilance génère un repli progressif.
Les membres du Pôle sont des sophrologues spécialisés dans l’accompagnement des troubles de l’audition.
Leur intervention ne se substitue ni au diagnostic médical ni à l’appareillage. Elle s’inscrit dans une approche complémentaire, structurée et protocolisée, centrée sur :
- l’adaptation à la perte auditive
- la réduction de la fatigue cognitive
- la gestion de l’anxiété liée aux situations d’écoute
- la restauration de la confiance relationnelle
- le maintien d’une qualité de présence
Cet accompagnement spécialisé des troubles de l’audition prend en compte l’audition au sens large : presbyacousie, difficultés d’adaptation à l’appareillage, acouphènes associés, hyperacousie ou fragilisation psycho-émotionnelle liée à la perte auditive.
Vieillir en entendant, ce n’est pas seulement percevoir des sons.
C’est continuer à participer à la vie sociale.

12 mars 2026 : les sophrologues spécialisés du Pôle se mobilisent
À l’occasion de la 29e Journée Nationale de l’Audition, les membres du Pôle Sophrologie et Acouphènes proposent des animations sur tout le territoire : conférences, ateliers thématiques, temps d’échange autour de l’écoute et du lien entre audition et équilibre intérieur.
Ces actions permettent de sensibiliser le public aux enjeux de l’audition et du grand âge, tout en valorisant une approche spécialisée des troubles de l’audition.
Retrouvez l’ensemble des animations proposées par les membres du Pôle sur la page dédiée :
https://www.pole-sophrologie-acouphenes.fr/29e-journee-nationale-de-l-audition.html
Mobilisons-nous aujourd’hui pour nous demain
“Aujourd’hui, ce sont nos aînés. Demain, ce sera nous.”
La perte auditive ne doit plus être considérée comme une fatalité silencieuse.
Elle mérite :
- une prévention active
- une prise en charge médicale adaptée
- un accompagnement complémentaire spécialisé
- une attention à la dimension relationnelle
Car derrière chaque difficulté d’écoute, il y a une personne qui souhaite continuer à comprendre, à aimer, à être aimée.
Et parfois, préserver la possibilité d’entendre un simple “je t’aime” suffit à maintenir toute une vie de lien.
