Afrépa 2026 : 7 tendances pour l’avenir de la prise en charge des acouphènes

Les 4 et 5 juin 2026, l’AFREPA organisait pour la première fois de son histoire son colloque annuel hors de France, au Centre Hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).

Cette édition exceptionnelle a réuni 315 participants, dont 216 Québécois, 84 Français ainsi que des professionnels venus d’autres provinces canadiennes. Chercheurs, ORL, audiologistes, audioprothésistes, psychologues, sophrologues, associations de patients et professionnels de santé se sont retrouvés autour d’un objectif commun : mieux comprendre et mieux accompagner les personnes souffrant d’acouphènes, d’hyperacousie et de troubles de l’audition.

Pour le Pôle Sophrologie et Acouphènes, ce colloque restera un moment particulier.

Nous étions plusieurs membres présents à Montréal.

Pendant ces deux journées, nous avons eu le plaisir d’accueillir de nombreux visiteurs sur notre stand, de présenter notre approche, d’échanger avec les professionnels québécois et de participer activement à la vie scientifique du colloque.

Patricia Grévin et Sandra Huret ont également animé un atelier consacré aux apports croisés de la psychologie et de la sophrologie dans l’accompagnement des troubles auditifs sensoriels.

Au-delà de ces moments de partage, plusieurs enseignements majeurs se dégagent de cette édition montréalaise.

Une découverte inattendue : la sophrologie reste largement méconnue au Québec

L’une des surprises de ce colloque a été l’intérêt suscité par notre stand.

De nombreux professionnels québécois sont venus à notre rencontre pour découvrir notre activité. Pour la plupart d’entre eux, c’était la première fois qu’ils entendaient parler de la sophrologie et du métier de sophrologue.

Les échanges commençaient souvent par une question très simple :

« Qu’est-ce que la sophrologie ? »

Puis la discussion se poursuivait naturellement autour de l’accompagnement des patients dans leur quotidien, des réactions émotionnelles liées aux acouphènes, de l’hypervigilance auditive et bien sûr de notre approche spécifique .

Ces rencontres nous ont rappelé que notre mission ne consiste pas uniquement à accompagner les patients. Elle consiste également à faire connaître la sophrologie spécialisée dans les troubles de l’audition auprès des professionnels de santé susceptibles d’orienter les personnes vers des solutions complémentaires.

Voici les 7 tendances qui façonnent l’avenir de la prise en charge des acouphènes que nous avons profondément ressentis lors de ce congrés scientifique sur les acouphènes.

 

 

1. La qualité de vie devient un objectif thérapeutique majeur

L’un des messages les plus présents durant le colloque concerne l’évolution des objectifs de prise en charge.

Pendant longtemps, l’attention était principalement portée sur l’intensité perçue de l’acouphène.

Aujourd’hui, les chercheurs s’intéressent davantage aux conséquences du trouble sur la vie quotidienne : sommeil, concentration, activités sociales, travail, loisirs, bien-être émotionnel ou sentiment de contrôle.

Cette évolution est importante.

Pour de nombreux patients, la véritable question n’est pas seulement : « Est-ce que mon acouphène est toujours présent ? »

Mais plutôt : « Est-ce qu’il continue à diriger ma vie ? »

Cette approche rejoint directement ce que nous observons depuis de nombreuses années dans les accompagnements réalisés au sein du réseau.

2. Les dimensions émotionnelles sont désormais au cœur des recherches

Stress, anxiété, hypervigilance, attention sélective, réactions physiologiques, évitement, charge mentale…

Ces notions étaient omniprésentes dans les présentations scientifiques.

Les chercheurs reconnaissent de plus en plus que les troubles auditifs ne peuvent être compris uniquement sous l’angle de l’oreille ou de l’audition.

L’expérience vécue par la personne joue un rôle majeur dans l’intensité de la souffrance ressentie.

Cette vision globale ouvre la voie à des prises en charge associant davantage les dimensions médicales, psychologiques, comportementales et psychocorporelles.

3. La prévention auditive devient un enjeu majeur

Musiciens, étudiants, militaires, jeunes publics…

De nombreuses équipes travaillent aujourd’hui sur la prévention des troubles auditifs.

Les interventions présentées à Montréal montrent une volonté croissante d’agir avant l’apparition des symptômes plutôt que d’intervenir uniquement lorsqu’ils sont déjà installés.

Cette orientation est particulièrement visible au Québec où les projets de sensibilisation et d’éducation à la santé auditive se multiplient.

4. La pluridisciplinarité s’impose plus que jamais

S’il fallait résumer l’esprit du colloque en un mot, ce serait probablement celui-ci : pluridisciplinarité.

ORL, audiologistes, audioprothésistes, psychologues, sophrologues, chercheurs, associations de patients et professionnels de l’accompagnement travaillent de plus en plus ensemble.

Les troubles auditifs complexes nécessitent des réponses multiples.

Cette vision est au cœur de l’AFREPA depuis sa création et correspond parfaitement aux valeurs qui animent notre réseau depuis plus de quinze ans.

5. Les technologies ouvrent de nouvelles perspectives

Applications mobiles, biofeedback, thérapies sonores personnalisées, environnements immersifs, nouveaux outils d’évaluation…

Les innovations technologiques occupent désormais une place importante dans la recherche.

Ces outils ne remplacent évidemment pas la relation humaine ni l’accompagnement thérapeutique, mais ils enrichissent progressivement les possibilités offertes aux patients et aux professionnels.

6. Le Québec apporte un regard particulièrement dynamique

Cette édition nous a également permis de découvrir la richesse des approches québécoises.

Nous avons été impressionnés par la place accordée à la prévention, à l’innovation, à l’expérimentation et à la sensibilisation du public.

Les collaborations entre universités, chercheurs, associations et professionnels de terrain semblent particulièrement développées.

Ces échanges internationaux constituent une véritable source d’inspiration pour l’ensemble des acteurs engagés dans la santé auditive.

7. La relation au symptôme devient un axe central

Une autre tendance forte se dessine.

Les chercheurs s’intéressent de plus en plus à la relation que la personne entretient avec son symptôme.

Comment réduire l’hypervigilance ?

Comment retrouver un sentiment de sécurité ?

Comment reprendre des activités abandonnées ?

Comment retrouver de la liberté malgré la présence de l’acouphène ?

Ces questions étaient présentes dans de nombreuses interventions et rejoignent directement les préoccupations des professionnels de l’accompagnement.

Un passage de relais chargé d’émotion

Pour le Pôle, cette édition montréalaise avait également une résonance particulière.

Patricia Grévin y achevait son mandat au Conseil d’administration de l’AFREPA après avoir participé à cette aventure depuis sa création en 2008.

Dix-huit années d’engagement consacrées à faire connaître au sein de l’AFREPA la sophrologie spécifique aux troubles de l’audition, à développer les collaborations pluridisciplinaires et à défendre la place des approches complémentaires auprès des professionnels de santé. 

Dans le même temps, nous avons eu la joie de voir deux membres du Pôle, Sandra Huret et Frédérique Collin, rejoindre à leur tour le Conseil d’administration de l’AFREPA.

Au-delà d’une nomination, nous y voyons un symbole fort : celui de la continuité, de la transmission et de l’avenir.

Patricia Grévin poursuit son action au sein du réseau sur les aspects thérapeutiques et cliniques, le suivi des travaux de recherche en cours, ainsi que leur valorisation scientifique et médiatique (conférences, articles, relations presse).

Une direction qui confirme les évolutions en cours

Au terme de ces deux journées, un constat s’impose.

La prise en charge moderne des acouphènes évolue vers une vision toujours plus globale, plus humaine et plus pluridisciplinaire.

Les dimensions émotionnelles, comportementales et relationnelles prennent une place croissante aux côtés des approches médicales et audiologiques.

Ces orientations rejoignent les travaux actuellement menés au sein du Pôle Sophrologie et Acouphènes, notamment à travers le recueil de données 2025-2026 qui mobilise plusieurs dizaines de sophrologues spécialisés à travers la France.

Montréal restera ainsi pour nous bien plus qu’un colloque.

Ce fut un moment de rencontres, de découvertes, de transmission et d’ouverture vers de nouvelles collaborations.

Et surtout la confirmation que, partout dans le monde francophone, une même conviction progresse : accompagner une personne souffrant d’acouphènes, ce n’est pas seulement s’intéresser au symptôme, c’est aussi l’aider à retrouver une meilleure qualité de vie.

Questions fréquentes sur le colloque AFREPA Montréal 2026

Quels ont été les principaux thèmes abordés lors du colloque AFREPA Montréal 2026 ?

Les interventions ont porté sur les acouphènes, l’hyperacousie, les troubles de l’audition, la prévention auditive, les approches pluridisciplinaires, les innovations technologiques ainsi que les dimensions émotionnelles et cognitives associées aux troubles auditifs.

Pourquoi la qualité de vie a-t-elle occupé une place importante lors du colloque ?

De nombreuses présentations ont montré que l’évaluation des prises en charge ne repose plus uniquement sur les symptômes. La capacité du patient à retrouver une vie satisfaisante, des activités, un sommeil de qualité et un meilleur bien-être est devenue un critère essentiel.

Qu’entend-on par « nouvelle relation au symptôme » ?

Cette notion désigne la capacité d’une personne à modifier progressivement sa manière de vivre avec son acouphène ou son hyperacousie. L’objectif est de réduire la souffrance associée au symptôme et de retrouver davantage de liberté dans la vie quotidienne.

Quelle place occupe la sophrologie spécifique aux troubles de l’audition dans l’accompagnement des acouphènes et de l’hyperacousie ?

La sophrologie spécifique aux troubles de l’audition s’inscrit dans une approche complémentaire et pluridisciplinaire. Développée à partir de la sophrologie et enrichie par des apports issus notamment de la psychologie, des thérapies cognitives et comportementales (TCC) et de la pleine conscience, elle vise à accompagner les patients dans l’évolution de leur vécu du symptôme.

Les accompagnements proposés s’intéressent aux dimensions comportementales, cognitives, sensorielles et émotionnelles impliquées dans les troubles auditifs chroniques, avec pour objectif d’aider la personne à retrouver une meilleure qualité de vie au quotidien.